L’article de ce lundi s’inscrit dans un cadre bien particulier qui est celui d’ A la Croisée des Blogs (ACB). Cet évènement est organisé par un groupement de blogueurs qui se retrouvent autour d’un même thème tous les mois.
La particularité remarquable des Blogs qui participent à la Croisée ont la particularité de tous traiter de développement personnel. La fenêtre des sujets abordés est donc aussi large que tout ce que peut recouvrir le développement personnel.
Chaque mois, un blogueur centralise les articles des participants, je vous invite à aller voir chez S’Améliorer pour découvrir les autres blogs (mais vous revenez après, hein ?).
Comme thème ce mois-ci, on a le droit à : “Vivre l’instant présent”. J’aime bien la niaiserie de ces termes, on peut leur faire dire tout et n’importe quoi. Aujourd’hui j’essaierai de parler de ce que l’on vit lors d’une rencontre et de notre capacité à apprécier la rencontre tout en réfléchissant en direct à comment celle ci se déroule. Les habituelles images seront là pour ajouter du n’importe quoi.
En parlant de “n’importe quoi”, j’essaierai de limiter ma participation mensuelle à l’ACB pour ne pas tomber dans l’enfer du contenu emmerdant. Pour reformuler, je ne ferai ce machin seulement lorsque le thème du mois provoquera chez moi une réaction érectile.
Pendant la rencontre, à quoi je pense ?
On rencontre une femme, un poney ou un ministre, et l’on se demande rarement à quoi l’on pense. A l’image d’un processeur qui déborde sous la charge de calcul, nos pensées sont à 100% tournées vers l’interlocuteur:
- Une partie de ces pensées se focalisent sur ce que raconte la personne en face (que ce soit du langage verbal ou corporel). On appellera ça la pensée moyen terme inactive. Car ce que l’on remarque sur l’interlocuteur reste ancré jusque la fin de notre interaction avec lui. Inactive car c’est presque réalisé inconsciemment par notre cerveau et que l’on ne l’exprime que rarement au poney en face.
- L’autre partie des pensées est focalisée sur la façon dont on va réagir au stimuli “interlocuteur” et ce que l’on va dire dans les quelques centièmes ou les secondes qui viennent. J’appelle ça la pensée court terme active. Des idées qui s’accumulent au fil des paroles, des évènement, des souvenirs; c’est souvent uniquement les dernières qui sortiront par votre bouche
Soit notre cerveau analyse des informations en background sans vraiment nous en faire part explicitement (Pensées moyen terme inactives), soit il ne nous laisse même pas le temps d’exploiter nos pensées (Pensées court terme actives).
Dans les deux cas, nous sommes de beaux robots idiots qui ne se fient pas à leur sens critique mais qui ont une réaction comme ils ont toujours eu vis à vis d’une situation qui ne nous étonnera finalement jamais. Yeah, parce que même si l’on expérimente une situation inattendue, nous cherchons avant tout à nous rattacher à une expérience déjà vécue où que l’on a déjà observée.
Bon, cette chère dame veut accoucher dans l’ascenseur, j’ai vu la dernière fois dans le film du dimanche soir sur TF1 que le mec adoptait un comportement étrange qui consistait à imiter les respirations d’une femme qui a des contractions. Hmmm. Au final il sauve le monde quand même. Bon allez on va faire pareil.
Ok, c’est rassurant et nous sommes quasi sur de ne pas nous tromper mais ce genre de comportements nous enlèvent toute intelligence sociale et nous confère le statut de micro pénis de l’originalité. Mais surtout cela nous empêche de faire mieux, et encore pire, d’être nous même.
Imaginez la puissance du truc si être vous même donne en plus de meilleurs résultats que de copier des comportements sociétaux préprogrammés dans nos esprits: you’re ze king of da world baby !
Allumer le sens critique
Si je raconte tout ça, c’est pour que l’on se réveille bordel ! Que l’on arrête d’avoir sans cesse les mêmes conversations useless dont on sait quel sera le début, le milieu et la fin. Ne vous est il jamais arrivé de ressentir un état de “déjà vu” au plein milieu d’une conversation ? Et que l’intérêt de continuer à discuter chute direction le ZERO absolu ??
Pour revenir sur le thème de la Croisière s’amu… le Croisée des blogs, je pense que vivre le moment présent requiert de se rendre compte que l’on vit un moment particulier et unique et qu’il s’agit de se concentrer pour en tirer le meilleur.
Se concentrer dans une conversation, qu’est ce que ça signifie ?
C’est avant tout être sacrément bon en multi tâche !
Rassurez vous, être doué pour faire plusieurs choses à la fois, n’est pas forcément une caractéristique féminine, c’est uniquement une question d’entrainement. Il faut pratiquer et les réflexes arrivent plus ou moins rapidement.
Et je parle de multi tâche parce que la prochaine fois que vous parlerez à quelqu’un, vous essaierez d’appliquer les quelques principes qui ont été développé sur Socialement Membré et vous verrez qu’il faut être un vrai équilibriste. Au début.
Là j’ai abordé la question du sens critique. En quoi ce que Bob vient de me raconter peut être perçu totalement différemment étant donné son historique ?
Bob: J’ai mangé un kiwi aujourd’hui
Xav: C’est cool, j’ai mangé une banane, ça roule sinon la life ?
Bon là on voit clairement que je n’en ai rien à carrer de son kiwi, d’ailleurs je reprends vite la conversation à mon compte histoire de parler de moi puis de lancer une question socialement typique mais dont la réponse me passera carrément au dessus de la tête tellement cette question ne revêt plus aucun sens dans notre société.
Bob: J’ai mangé un kiwi aujourd’hui
Xav: C’est bien… quand ça?
Bob: C’était là tout à l’heure juste après le repas, ça fait du bien
Xav: C’est vrai que je me rappelle que t’avais du mal à remanger des fruits et que le médecin t’avait obligé de le faire, c’est cool de voir que ça passe bien.
Alors que cette fois, je me demande d’où peut venir son affirmation sur le kiwi, une phrase aussi peu intéressante doit cacher quelque chose. C’est l’occasion de poser une question dont la réponse n’aura que peu d’impact, histoire de me laisser le temps de faire le lien entre l’historique de Bob et son histoire de kiwi. Je peux vous dire que Bob aura été content d’être venu me parler et il sait désormais que je l’écoute.
Brancher son sens critique vous permet de vivre le moment présent, et d’être plus intéressant que 80% des gens qui tiennent la patte dans une conversation.
Ecoute active, langage corporel, wtf mon cerveau explose !
Alors c’est bien le sens critique et tout mais l’idée de ce blog c’est d’appliquer tous les principes que je développe.
Prenons le Synchronisme par exemple. Etudier les mouvements corporels de 2 personnes qui parlent entre elles, c’est super intéressant mais le but du jeu c’est de le faire avec votre interlocuteur direct et d’adapter votre comportement en fonction. C’est donc du pure Live.
Votre sens critique il faut le brancher pour éviter de faire quelque chose qui paraitrait socialement déplacé (par exemple de l’imiter de façon bien trop évidente). Et vous devrez aussi activer votre œil de lynx, étudier les mouvements du type, penser à comment vous pourrez faire les mêmes, si vous faites de la synchro miroir ou de la classique.
Le cerveau risque aussi de mouliner sévère pour se rappeler de comment bien reformuler les propos du voisin pour produire une écoute active de qualité. Ok 3 secondes de pensées actives, et vlan ça fait 3 secondes que votre interlocuteur était en train de vous raconter que les plantes de sa femme sont en train de mourir. Vous êtes passé complètement à côté de l’info !
Quelques techniques pour s’en sortir
- Je parlais de questions (l’heure de la prise du kiwi) dans mon exemple précédent, c’est une façon de vous laisser un peu de temps pour réfléchir.
- Vous pouvez laisser des silences tout simplement.
- Mais rien ne remplacera l’expérience, l’habitude et la pratique.
Les excuses existent…
…mais ne jamais les intégrer comme telles.
Parce que parfois, vous avez beau vous concentrer sur le background d’une conversation, vous pouvez rester bloqué sur le langage corporelle. Surtout si c’est madame qui vous parle…
Oubliez que vous avez une excuse, profitez du moment présent comme vous pouvez, tant pis !
Articles apparentés
Tags: cerveau, croisée des blogs, écoute active, instant présent, synchronisme






February 2nd, 2010 at 12:49
J’ai quand même du mal à voir comment on peut vivre le moment présent d’une interaction si on doit penser à tout cela en même temps.
C’est clair que cela doit être super utile et plaisant quand tu maîtrises tous les paramètres et que c’est ton inconscient qui dirige, mais au départ, le fait d’être en réflection continue (que dois-je dire, que dois-je faire) semble un peu déroutant. Je parle même pas des états du moi et des enfants, adultes, professeurs et éboueurs de l’AT
February 3rd, 2010 at 18:51
Ouais j’essaye de débroussailler un concept nouveau qui est de prendre du temps pour réfléchir à l’interaction et en sortir ce qu’elle peut nous donner de mieux. Et pour se faire, adopter un comportement actif.
Ca requiert de l’entrainement mais même à mon humble niveau j’y arrive, donc c’est loin d’être insurmontable !
Mais je te comprends, parfois on a envie de tout lâcher, or si t’as acquis certains concepts, ils restent en toi et s’appliquent inconsciemment. Comme le game en fait
February 3rd, 2010 at 23:59
Le problème est que dés que l’on se met à réfléchir, on sort de l’instant présent. Surtout lorsqu’on commence à s’observer, on entre alors en transe hypnotique, tout le contraire de la pleine conscience…
Cependant, commencer à s’observer, c’est entamer le chemin de la confiance en soi et en son ressenti !
Mais il ne faut surtout pas s’arrêter là, une fois que l’automatisme de la prise de recul est ancré, il n’y a plus de question, et c’est directement le ressenti qui s’exprime.
February 4th, 2010 at 00:47
Transe hypnotique ?? Tu peux m’expliquer en détail ce que c’est ?
February 4th, 2010 at 12:21
Milton Erickson a redéfini le principe de transe hypnotique, avec une classification en trois niveaux:
- la transe légère
- la transe moyenne
- la transe profonde
Usuellement la transe profonde correspond à ce que l’on peut voir ou expérimenter en hypnose classique où le sujet est en état cataleptique totale.
Cet état est cependant assez difficile à obtenir, et Milton Erickson a constaté qu’il était possible d’induire des suggestions hypnotiques en transe légère, ou moyenne.
Dans le modèle Ericksonien, il existe le conscient et l’inconscient, que l’on retrouve aussi en pnl.
Le conscient est ce qui est du domaine de la pensée, de la rationalisation… la petite voix dans la tête.
L’inconscient est tout le reste, le ressenti, les émotions, la survie.
L’inconscient est tout le temps en relation avec tous les capteurs du corps.
Le conscient n’est pas capable en terme d’informations de gérer tout cela, donc seul lui arrive les infos très importantes.
Il arrive, bien trop souvent vu la prépondérance du conscient dans notre société, que celui-ci prenne des décisions qui vont à l’encontre du ressenti de l’inconscient ( le fameux “je le savais” …)
Il définit la transe hypnotique ainsi: “l’individu a son conscient qui est occupé, ou perturbé, en retrait, disjoncté, ou dissocié” pour résumer un peu.
Par exemple une transe légère est lorsque vous commencez a rêvasser à vos prochaines vacances assis devant l’ordinateur du boulot.
Regarder la télévision est aussi une transe.
Dans la conception Ericksonienne, l’individu saute en permanence de transe en transe, et donc se retrouve en majorité du temps en état hypnotique plus ou moins profond.
Lors d’une séance avec un thérapeute, celui-ci va essayer de dissocier le conscient en le perturbant, en l’occupant, pour avoir accés plus facilement à l’inconscient.
Car l’inconscient est toujours là en tache de fond, en background, mais il se fait souvent spolier par le conscient. C’est pour cela qu’il provoque des effets indirects, car il n’a souvent pas accès à cause du conscient aux ressources pour résoudre ses problèmes.
Mais le conscient n’est pas si fort car il subit ces effets et ces solutions que l’inconscient met en place. C’est généralement là que nait le conflit intérieur.
Lorsqu’il n’y a pas de thérapeute, le meilleur moyen pour entrer en transe, est la dissociation, c’est à dire que le conscient devient observateur de l’individu et se dissocie. Très rapidement après quelque essais, le conscient est occupé à s’observer, et l’inconscient peut prendre la place nécessaire et l’on peut communiquer avec lui.
C’est pour cela que s’observer pendant une action est une expérience de transe hypnotique. Paradoxalement ce n’est pas l’instant présent puisque l’on se dissocie consciemment du moment pour devenir observateur.
Mais comme je le disais dans mon précédent message, comme l’on devient son propre observateur, on commence à s’écouter, et cela augmente la sensibilité, ce qui avec le temps reconnecte le conscient avec l’inconscient. Et donc permet à terme de vivre pleinement l’instant présent.
February 5th, 2010 at 18:47
Article intéressant.
J’ai beaucoup aimé la dernière image avec le commentaire «J’ai acheté un kiwi et il a plu, ça va sinon? ». Elle m’a bien fait marrer
February 5th, 2010 at 19:00
[...] aborde, quant-à-lui le sujet sous l’angle des interactions sociales par le biais de son article Socialement Multitâche. Il nous y explique notamment comment se concentrer sur les conversations que nous avons afin [...]
February 11th, 2010 at 18:06
Merki ! Si mes conneries font marrer au moins un de mes lecteurs, je suis heureux
February 11th, 2010 at 18:07
@ CoachDom : J’ai adoré ton commentaires et je vais creuser tout ça pour en faire un article. Merci pour ta contribution, ça fait plaisir.